Accusations criminelles d'introduction par effraction et de méfaits au Québec
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Avant de commencer : si vous avez déjà entendu « Vous avez le droit de garder le silence », prenez-le au sérieux. Des questions apparemment anodines peuvent constituer un moyen pour les enquêteurs ou les policiers de vous amener, directement ou indirectement, à vous placer sur les lieux d’une infraction ou à proximité de celle-ci. Il est donc fortement recommandé de consulter un avocat avant de répondre à des questions susceptibles d’engager votre responsabilité pénale.
Votre meilleure défense criminelle personnelle est de demander à un avocat de vous représenter avant de répondre à toute question.
En droit canadien, « introduction par effraction » et « méfait » sont des infractions criminelles distinctes en vertu du Code criminel, chacune ayant des définitions et des sanctions spécifiques.
Introduction par effraction
Définition : L’introduction par effraction, également abrégée en IPE, est traitée aux articles 348 et 349 du Code criminel. Elle consiste généralement à pénétrer dans un bâtiment ou une structure sans permission avec
Sanctions :
- Introduction par effraction dans une maison d’habitation : Il s’agit d’une infraction grave, telle que définie aux articles 348 (1) et 348 (1) d), et elle peut entraîner une peine d’emprisonnement à perpétuité.
- Introduction par effraction dans d’autres bâtiments : C’est moins grave que de pénétrer dans une habitation, mais cela entraîne tout de même des sanctions importantes. Une condamnation peut entraîner une peine d’emprisonnement maximale de 10 ans en vertu de l’article 348 (1) e).
Les sanctions peuvent être influencées par des facteurs tels que la nature de l’infraction, le fait que les lieux étaient occupés ou non et si la violence a été utilisée.
Possession d'instruments d'effraction
Définition : La possession d’instruments d’effraction est traitée à l’article 351 du Code criminel. Il s’agit d’avoir en sa possession tout instrument propre à servir à l’introduction par effraction dans un lieu, un véhicule automobile, une chambre forte ou un coffre-fort.
Excuse légitime
Possession de tout instrument propre à pénétrer dans un lieu
Connaissance que l'instrument a été utilisé ou est destiné à être utilisé à cette fin
Les sanctions peuvent être influencées par divers facteurs, mais il s’agit d’une infraction grave qui peut entraîner une peine d’emprisonnement maximale de 10 ans.

Méfait
Définition : Le méfait est traité à l’article 430 du Code criminel. Il s’agit d’endommager ou de nuire intentionnellement à des biens. Les éléments spécifiques comprennent :
Sanctions :
- Méfait général : En vertu de l’article 430 (1), cette infraction peut entraîner une peine d’emprisonnement à perpétuité si elle cause un danger réel pour la vie ; si elle entraîne des dommages ou des perturbations importants.
- Méfait aux données : les peines pour atteinte aux données ou aux systèmes informatiques varient également et peuvent aller jusqu’à l’emprisonnement.aux données : les peines pour atteinte aux données ou aux systèmes informatiques varient également et peuvent aller jusqu’à l’emprisonnement.
La gravité de la peine pour méfait dépend souvent de l’étendue des dommages ou des perturbations causés, du fait que les biens étaient privés ou publics et de tout facteur aggravant.
Considérations juridiques : « Double incrimination »
En droit canadien, le principe de Kienapple est une doctrine juridique qui empêche une personne d’être poursuivie ou punie plusieurs fois pour une même conduite, ce que l’on appelle plus couramment la « double incrimination ».
Ce principe trouve son origine dans l’arrêt de la Cour suprême du Canada R c. Kienapple [1975] 1 RCS 729 et vise à assurer l’équité dans le système de justice pénale en évitant plusieurs condamnations pour des infractions similaires ou liées par la nature des faits.
a) Aperçu du principe de Kienapple

Principe : Le principe de Kienapple dicte qu’une personne ne peut être reconnue coupable ou condamnée pour plusieurs infractions découlant du même ensemble de faits ou de la même conduite si l’une des accusations est déjà traitée par une condamnation pour une infraction différente. En d’autres termes, si plusieurs accusations découlent du même incident, une seule condamnation sera maintenue si les infractions sont considérées comme se chevauchant ou si une infraction est incluse dans l’autre.
Dans R. c. Kienapple, l’accusé a été accusé à la fois de vol qualifié et d’une infraction connexe impliquant un vol qui découlait de la même transaction criminelle. La Cour suprême a statué qu’il était injuste de condamner l’accusé pour les deux infractions parce qu’elles étaient fondées sur les mêmes faits, et que le principe de la double incrimination avait été violé.
Application : Le principe est généralement appliqué dans les situations où :
- Les infractions sont liées : Les infractions sont fondées sur le même acte ou la même transaction.
- Conduite chevauchante Pour commettre une infraction, une personne doit en commettre une autre ou une infraction étroitement liée à celle-ci.
Par exemple, si une personne est accusée à la fois de voies de fait et d’une infraction plus spécifique comme des voies de fait causant des lésions corporelles pour le même incident, le principe de Kienapple peut empêcher des condamnations distinctes pour les deux accusations, car causer des lésions corporelles est un degré plus grave d’un acte de voies de fait.
Par exemple, si une personne est accusée à la fois de vol et d’une infraction plus spécifique comme la possession de biens volés, le principe de Kienapple peut empêcher des condamnations distinctes pour les deux accusations si la Couronne peut prouver l’infraction de vol, car l’acte de vol nécessite l’acte de possession des biens volés.
b) Application moderne
- Chevauchement des accusations : Le principe est appliqué pour empêcher les condamnations multiples pour les infractions qui se chevauchent de manière significative en termes de conduite qu’elles traitent. Par exemple, si une personne est reconnue coupable de vol qualifié et d’une accusation distincte de vol pour le même incident, le principe de Kienapple pourrait s’appliquer pour garantir qu’une seule condamnation soit maintenue.
- Détermination de la peine : Même si le principe s’applique, il n’affecte pas nécessairement la détermination de la peine si les infractions sont suffisamment différentes pour justifier des peines distinctes. Toutefois, cela signifie que la personne ne doit pas être punie plusieurs fois pour la même conduite.
c) Limites et considérations
- Différents éléments juridiques : Si les infractions ont des éléments juridiques distincts ou impliquent différents types de conduite, le principe de Kienapple peut ne pas s’appliquer. Par exemple, si les infractions ne se chevauchent pas ou ne traitent pas d’aspects distincts de la conduite criminelle, plusieurs condamnations pourraient être valides.
- Pouvoir discrétionnaire judiciaire : Lors de l’application du principe, les tribunaux peuvent s’appuyer sur la jurisprudence, le libellé textuel de la loi, l’intention du législateur et tenir compte des particularités de chaque cas pour déterminer si le principe s’applique.
Le principe de Kienapple est une protection essentielle contre la double incrimination et garantit que les personnes ne sont pas injustement punies plus d’une fois pour la même conduite. Si vous êtes confronté à des accusations criminelles complexes impliquant des infractions potentiellement chevauchantes, il est important de consulter un avocat qui connaît ce principe et son application.
De plus, de nombreuses infractions peuvent également être considérées comme étant moindres et incluses dans une infraction principale, soit par le législateur, soit par les tribunaux.
Infractions moindres et incluses
Définition : Une infraction moindre est une accusation moins grave que l’infraction principale à laquelle elle est associée. Elle implique généralement moins d’éléments juridiques ou un degré de préjudice moins élevé.
Objectif : L’objectif principal de l’accusation d’une infraction moindre est de fournir un niveau de punition plus approprié lorsque les preuves ou les circonstances ne justifient pas l’accusation plus grave. Cela peut également permettre une résolution plus équitable de la culpabilité criminelle lorsque tous les éléments de l’infraction plus grave ne sont pas prouvés.
Par exemple, dans le cas d’une accusation d’introduction par effraction, une accusation de méfait peut être considérée comme une infraction moindre et incluse, car le fait de briser physiquement une porte ou une fenêtre pour pénétrer dans la propriété de quelqu’un peut causer des dommages.
Conclusion
Les infractions d’introduction par effraction et de méfait sont toutes deux prises au sérieux, et les sanctions peuvent être sévères, en particulier si le crime implique de la violence ou des dommages importants. La procédure judiciaire consiste à déterminer la gravité de l’infraction, l’intention du défendeur et toute circonstance atténuante ou aggravante.
Si vous faites face à des accusations liées à l’introduction par effraction ou au méfait, ou si vous avez besoin d’informations plus détaillées sur ces infractions, il est essentiel de consulter un avocat spécialisé en droit criminel. Ils peuvent vous fournir des conseils en fonction des spécificités de votre cas et des lois applicables.
Arrêté par la police? Appelez Randi Zaritsky LL.L., LL.B., avocate criminaliste à Montréal au (514) 944-1737.


